22 janvier : Ouverture de la conférence de Londres sur le désarmement naval. Les États-Unis ne peuvent obtenir un nouvel accord consacrant leur parité avec la Grande-Bretagne qu’au prix de concessions au Japon. La France et l’Italie refusent d’être co-signataire.
8 juin : Acte colonial au Portugal. Suspension des subventions. L’administration des colonies est directement rattachée à la métropole. La Loi Coloniale confirme le rôle privilégié des missions catholiques dans l’éducation.
Le ministre britannique des Colonies, Sidney Webb, adresse aux gouverneurs des colonies une circulaire leur demandant d’autoriser la création de syndicats africains.
Essor du culte bamucapi en Afrique centrale et sud-orientale (1930-1935).
Développement au Mali de la secte musulmane des Wahabi, surnommés « les bras croisés ».
1205 écoles franco-arabes en Algérie. 5,4% des musulmans sont scolarisés. Parallèlement, il existe un enseignement privé en langue arabe, celui des 6000 écoles coraniques et zaouïas, qui enseignent le Coran à 100 000 musulmans avec la bienveillance de l’administration. L’administration considère par contre avec méfiance les 150 medersas qui enseignent une véritable instruction en arabe à 45 000 enfants.
12-13 mai, aviation : Première liaison postale transatlantique sans escale effectuée le pilote Jean Mermoz, le navigateur Jean Dabry et le radiotélégraphiste Léopold Gimié, entre Saint-Louis-du-Sénégal jusqu'à Natal au Brésil. Les 3 200 kilomètres de la traversée l'Atlantique Sud sont parcourus en 21 heures.
15 mai : Première prestation professionnelle d'une hôtesse de l'air dans l'histoire de l'aviation. Ellen Church, accueillit à l'aéroport d'Oakland (Californie), 11 passagers à bord d'un Boeing 80 A, un trimoteur de la United Airlines. Elle était aussi pilote et infirmière.
17 juin : Adoption du tarif protectionniste Hawley-Smoot aux États-Unis. Il ouvre la voie à une réaction en chaîne de représailles économiques qui réduit les échanges extérieurs des États-Unis de 10 à 3 milliards de dollars de 1929 à 1932, sans remettre en cause l’excédent de la balance commerciale.
Julio Prestes, choisit comme successeur par Washington Luis, gagne la présidentielle contre Getúlio Vargas désigné par les mécontents du régime (son programme proposait l’amnistie pour les révolutionnaires de 1922 et 1926, de nouvelles lois électorales, une législation sociale, la réorganisation de la justice et de l’éducation et un développement économique accéléré). Le congrès refuse alors aux députés de l’opposition le droit de siéger, et le 25 juillet, João Pessoa, second de Getulio Vargas, est assassiné. Les partisans de Vargas prennent les armes : Recife, Salvador et São Paulo sont prises, les États de Rio de Janeiro et d’Espirito Santo sont envahis. Les « lieutenants » appuient les rebelles. Les généraux, jugeant la situation perdue pour le président prennent le pouvoir le 24 octobre et créent une junte de trois officiers pour assurer l’intérim. Vargas, reçu triomphalement à São Paulo atteint Rio le 31 octobre.
3 novembre : Début de la présidence de Getúlio Vargas au Brésil. Il entreprend dès son arrivée au pouvoir de s’opposer à l’influence grandissante des communistes sur les syndicats brésiliens en créant un ministère du Travail et un ministère de l’Education et en faisant approuver une législation soumettant la reconnaissance des syndicats à de strictes conditions concernant leur idéologie. Entre 1930 et 1935, il met surtout l’accent sur la répression.
Mexique : Le Partido Laboristo Mexicano (PLN) et le Partido Nacional Agrarista (PNA), deux partis populaires, refusent de s’intégrer au PNR de Plutarco Elías Calles et forment une Alliance nationale révolutionnaire (ANR).
Fondation de la Confédération générale du travail (CGT) en Argentine, dominée par les communistes.
10 février : Soulèvement urbain et révolte dans les campagnes en Indochine contre les agents recruteurs. La garnison de Yen Bai se soulève, puis a lieu la grande marche des paysans dans le Nghe An, le Ha Tinh et le Quang Ngai (Annam) (mai 1930-septembre 1931).
2 mars : Gandhi inaugure un grand mouvement de désobéissance civile et de boycott des produits britanniques. Il réclame la suppression de l’impôt sur le sel et la fin du monopole gouvernemental sur sa vente.
12 mars : Début de la Marche du sel, organisée par le Mahatma Gandhi, action de désobéissance civile de masse exemplaire, dirigée contre le pouvoir britannique en Inde, qui s'avèrera une étape décisive sur la voie de l'indépendance du sous-continent. Par ce geste symbolique, il viole le monopole d'État (gabelle) sur sa distribution. Ce mouvement va avoir un immense retentissement.
6 avril : Fin de la Marche du sel vers le Gujerat, organisée par le Mahatma Gandhi, en Inde. Le mouvement de désobéissance civile paralyse l’administration par les démissions massives de fonctionnaires indiens.
5 mai : L’arrestation de Gandhi par les autorités provoque une vague d’émeutes dans le pays.
12 novembre : Conférence de la Table ronde à Londres sur le statut des Indes britanniques. La première Conférence, qui réunit des modérés comme l’Aga Khan III ou Jinnah, est boycottée par le Congrès.
1er janvier, Égypte : Les élections législatives donnent une nouvelle majorité au Wafd, dirigé par Nahhas Pacha, qui forme le gouvernement. Après l’échec des négociations pour l’indépendance, les Britanniques laissent le roi renvoyer le gouvernement wafdiste (juin).
31 mars[3] : Rapport de la commission Shaw chargée d’étudier les causes des affrontements entre Juifs et Arabes en Palestine. Il insiste sur les causes profondes : l’émigration juive à dépassé les capacités d’absorption du pays, les personnes expulsés des terres achetés par les sionistes ne trouvent plus de terres de rechange en raison de la pression démographique et constituent une catégorie de gens sans terres, revendicatifs et porteurs de futures violences. Le rapport propose une intensification des cultures, mais celle-ci est déjà partout à l’œuvre. La commission insiste sur l’absence de droits politiques des Arabes, qui ont refusé de former un conseil législatif en 1922. Elle préconise de reconsidérer la politique britannique en limitant l’immigration, en adoptant une nouvelle politique foncière et en favorisant un nouveau projet constitutionnel associant les arabes.
En Syrie, le haut-commissaire Henri Ponsot décide de promulguer les textes constitutionnels de tous les États syriens, reprenant la Constitution de 1928. Ces dispositions seront appliquées après les prochaines élections.
En Palestine, l’exécutif arabe envoie une délégation à Londres qui réclame une évolution constitutionnelle devant mener à l’indépendance et l’élection d’une assemblée par l’ensemble de la population juive et arabe de Palestine. Les Britanniques refusent et proposent l’élection d’un conseil seulement arabe dont les fonctions ne seraient que consultatives.
30 juin : Fin du mandat britannique sur l’Irak, prélude à l’indépendance, promise pour 1932. Le pays reste lié à la Grande-Bretagne par une alliance de 25 ans : coopération en matière de politique étrangère, maintient de deux bases aériennes britanniques, disposition du territoire irakien en cas de guerre, encadrement britannique de l’armée nationale.
21 octobre : Les conclusions de la commission Shaw sont reprises dans le Livre Blanc de 1930. Les sionistes doivent faire des concessions sur la question de l’immigration et sur l’acquisition de terres. En retour les arabes doivent accepter la présence juive en Palestine et coopérer avec celle-ci.
16 novembre, Irak : Le traité avec le Royaume-Uni est ratifié par le parlement, issus des élections de l’automne. Une opposition au traité, jugé trop favorable aux intérêts britanniques, se constitue au sein du parti de la fraternité arabe, dirigé par Yasin al-Hashimi, ancien officier supérieur de l’armée ottomane pendant la guerre.
22 novembre[4] : Le Premier ministre égyptien Imaïl Sidqi promulgue une nouvelle constitution qui renforce les pouvoirs du roi et du gouvernement. Il doit faire face à la crise économique mondiale, et édicte des réformes économiques et sociales et encourage le développement de l’industrie.
30 novembre : La commission des Mandats de la SDN adresse des recommandations en vue de préparer l’indépendance de l'Irak : respect des droits des minorités (Kurdes, Assyriens), droits d’usage plus importants du nouvel État sur les ressources pétrolières. L’Irak prend tous les engagements demandés en matière de respect des minorités, ce qui relance l’agitation. Le mouvement kurde est réprimé avec l’aide britannique tandis que les Assyriens réclament un État autonome au sein de l’Irak.
Le nombre d’écoles de garçon en Irak est passé de 238 en 1921 à 1863 en 1930.
Europe
Affiche de propagande soviétique, Gustav Klutsis, 1930
5 janvier : Accélération de la collectivisation des campagnes en Union soviétique. La dékoulakisation et la collectivisation forcée des terres provoquent de violents troubles dans les campagnes.
21 janvier, Portugal : Le ministre des finances Salazar démissionne, suivi du ministre de la justice, à la suite des remous provoqué par des mesures qu’il avait prises (suspension de la subvention versée annuellement à l’Angola). Il reçoit alors le ministère des colonies qu’il cumule avec les finances.
30 janvier, Espagne : Démission de Primo de Rivera devant l’opposition au régime, la démission de Calvo Sotelo et la désertion des militaires (il avait voulu moderniser l’armée). Il meurt en exil quelques semaines plus tard. Le roi confie les responsabilités ministérielles au général Dámaso Berenguer qui rétablit la constitution.
7 avril : Création des Goulags en Sibérie. 10 millions de personnes y sont incarcérées pendant les années 1930.
3 mai, Belgique : Inauguration de l'Exposition internationale de Liège à l'occasion du centenaire de l'indépendance. Elle est consacrée aux sciences, à l'industrie et à l'Art Wallon Ancien.
8 juin : Rentré d’exil avec la complicité du Parti paysan, porté par une vague de popularité, Carol II est proclamé roi de Roumanie par le Parlement tandis que son fils Michel devient « grand voïévode ».). Il appelle au pouvoir son ancien tuteur l’historien Nicolae Iorga, puis s’emploie à diviser les partis politiques.
21 juillet : Maxim Litvinov est nommé commissaire du peuple aux affaires étrangères en Union soviétique. Il sera l’artisan du rapprochement avec les puissances occidentales.
11 septembre : Élections législatives ; forte participation (82%). Écroulement des partis de Weimar. Poussée communiste (14,3%). Le parti nazi (NSDAP) dirigé par Adolf Hitler, obtient 18,3% des voix (6 410 000 voix) et remporte 107 sièges au Reichstag (Parlement allemand).
La dure crise économique qui sévit, permet aux nazis (Parti National Socialiste) qui depuis 1920 allient démonstrations de force et démagogie, d'offrir par l'idée de l'établissement d'un État fort, une voie d'espérance, à la finance, aux industriels et au petit peuple (notamment chez les chômeurs).
Novembre : Hitler confie aux SS la police interne du parti national-socialiste.
Italie
20 mars : Institution du Consiglio Nazionale delle Corporazioni et de sept corporations (industrie, agriculture, commerce, banque, professions et art, transport maritimes, transports terrestres).
11 juillet : Le mouvement antifasciste Justice et Liberté lance des tracts contre la dictature de Mussolini.
Mouvement de résistance au régime de l’Alliance nationale, regroupant des démocrates sociaux fidèles à la monarchie autour de Benedetto Croce. Arrêtés rapidement, ils n’on pas le temps d’agir.
La crise des années 1930 touche l’Italie par une chute vertigineuse des exportations, qui entraîne une baisse des prix de gros et un effondrement de la production. L’État fasciste continue de mener une politique de déflation qui en comprimant le marché intérieur aggrave les effets de la crise. Trois type de mesures sont prises : droits de douanes prohibitifs, contrôle des changes rigoureux et accords de clearing avec la Bulgarie, la Roumanie et l’Allemagne pour maintenir un flux commercial minimal sans sortie de devises.
Ralentissement de l’émigration : après 1930, les émigrants ne sont que 60 000 par an au lieu de 120 000. Fortes migrations internes (18 millions de personnes changent de résidence entre 1923 et 1939). Le gouvernement défend aux travailleurs d’abandonner leur résidence sans autorisation du préfet, en vain.
Les étudiants des lycées, en moyenne de 9 pour 1000 habitants depuis 1913, passent de 9,2 en 1931 à 20,2 en 1940, alors que le nombre des enseignants double de 32 708 à 76 486. Les licenciés passent 47 614 à 127 058. Les femmes occupent une place de plus en plus grande à l’école.
Face à la crise économique internationale, la France lance en AEF une politique d’investissement et de grands travaux.
Crise minière : la production de cuivre congolais passe de 132 000 tonnes en 1930 à 50 000 tonnes en 1932. Plus de 100 000 mineurs sont licenciés au Congo belge, ce qui provoque des retours massifs dans les zones rurales. L'Union minière du Haut Katanga réduit ses coûts de main-d’œuvre de plus de 20% entre 1930 et 1932.
La crise économique frappe l'économie du Soudan français. Les productions d’arachides, d’huile de palme et de céréales ne se vendent qu’à bas prix alors que le coût de la vie ne cesse de monter et que la métropole, durement touchée, ne peut aider financièrement ses colonies. Les revenus douaniers s’effondrent. L’arrêt des importations européennes permet cependant à l’artisanat et aux petites industries locales de se développer temporairement.
Les producteurs africains, incités par des primes ou la fixation de prix minimaux d’achat, augmentent leur production pour compenser la chute des cours (les exportations d’arachide hors territoires britanniques passent de 4 811 000£ en 1929 à 5 334 000£ en 1935). Au Dahomey et au Sénégal, les paysans reviennent aux cultures vivrières (manioc, millet, miel…). Les cultures de plantation les moins touchées par la crise se développent : bananes en Guinée ; café en Côte d'Ivoire, en Oubangui-Chari, au Ruanda et à Madagascar ; cacao au Gabon ; le manioc au Congo belge ; le girofle ou la vanille à Madagascar.
Amérique
16,589 millions d’habitants au Mexique. Mexico atteint 1,049 millions d’habitants (230 000 en 1870).
2,153 millions d’habitants en Bolivie, 2,959 au Chili, 5,651 au Pérou.
38% des Chiliens vivent dans des villes de plus de 10 000 habitants (15% en 1870).
11,936 millions d’habitants en Argentine, 4,365 au Chili, 0,880 au Paraguay, 1,599 en Uruguay. Buenos Aires atteint 2,178 millions d’habitants (187 000 en 1870). 38% des Argentins vivent dans des villes de plus de 10 000 habitants (17% en 1870).
33,568 millions d’habitants au Brésil. Rio de Janeiro atteint 1,7 millions d’habitants (275 000 en 1870).
L’industrie textile brésilienne, qui employait 140 000 ouvriers avant la crise, doit en licencier 30 000 et 60 000 autres se trouvent en chômage partiel.
Arrêts des investissements américains dans le monde dans les premiers mois de l’année. Les banques américaines affolées exigent le remboursement des prêts octroyés à l’étranger.
Plus de 1300 banques en faillite.
Six millions de chômeurs.
Chute de la natalité.
35,3% des investissements étrangers dans le monde proviennent des États-Unis (6,3% en 1914).
Crise économique frappant la pêche à la perle en Arabie dans les années 1930.
Depuis la fin des subsides britanniques, les seules ressources dont disposent Abdelaziz Ibn Sa'ud proviennent du pèlerinage dans les villes saintes. La recherche pétrolière commence juste à se développer dans la péninsule (Bahreïn). Par l’octroie de concessions, Ibn Sa’ud cherche à se procurer des rentrées d’argent. Des contrats seront signés dans les années 1930 avec des compagnies américaines mais l’exploitation pétrolière ne débutera qu’en 1939.
Deux millions d’habitants au Caire. 14,8 millions d’habitants en Égypte.
Europe
Recensement en Roumanie : sur 18 millions d’habitants, 71,9% de Roumains, 7,9% de Magyars, 4,1 % d’Allemands, 4 % de Juifs, 3,2% d’Ukrainiens, 2,3% de Russes, 2% de Bulgares, 1,5% de Tziganes, 1% de Turcs et Tatars, 0,3% de Polonais, 0,3% de Serbo-croates. 73 % d’orthodoxes.
Roumanie : 6 700 grands propriétaires détiennent encore 24 % du sol face à 2,5 millions de paysans pauvres qui en ont 28%, situation due à la poussée démographique (+1,2% par an). D’où un développement de la main-d’œuvre salarié agricole. Les rendement moyens restent faibles (8 à 9 q à l’ha pour le blé contre 16 en France, 10 à 11 q pour le maïs contre 15 à 16).
En Espagne 26,5% de la population active travaille dans le secteur secondaire (plus 10% en 20 ans), 28% dans le tertiaire.
Le Portugal compte 6 825 000 habitants. Lisbonne compte 600 000 habitants. A la suite de la crise économique mondiale, le Brésil ayant fermé ses portes, l’émigration se réduit à 10 000 départs par ans en moyenne (30 000 au début du siècle).