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La circoncision (latin : circumcisio, « couper autour ») consiste, dans sa forme la plus répandue, en l’ablation totale ou partielle du prépuce, laissant ainsi le gland du pénis à découvert. Cette pratique, qui existe depuis l’Antiquité, concernait en 2006 et selon une estimation de l’OMS[1] 665 millions d’hommes, soit environ 30 % des hommes adultes dans le monde. La circoncison est l'équivalant masculin des mutilations génitales féminines. Elle est effectuée principalement pour des motifs culturels et religieux mais aussi pour des raisons thérapeutiques (par exemple : phimosis, diabète) ou prophylactiques (par exemple : situation sanitaire en Afrique, à propos du SIDA). Dans le cas d’une indication chirurgicale, le terme employé est posthectomie. Depuis quelques années[Quand ?], certains adultes se font aussi circoncire par choix personnel, en dehors de tout contexte religieux, social ou culturel : la circoncision est devenue une « marque » physique, au même titre que le tatouage, le piercing, etc.[réf. nécessaire]
Conséquences physiquesLorsque le pénis non circoncis est à l’état de flaccidité, sa principale zone érogène, le gland, n’est pas soumise aux frottements externes et au dessèchement. La circoncision, en supprimant le prépuce, met le gland à découvert de manière permanente. Cela induit l’assèchement de cette zone et entraîne une kératinisation de l’épithélium du gland plus marquée. Au cours de l’érection du pénis non circoncis, le prépuce déplié fournit une réserve de peau qui compense l’allongement du sexe masculin tout en lui permettant de conserver un manchon mobile. La circoncision supprime plus ou moins cette réserve suivant la quantité de peau supprimée. Les conséquences en termes de sensibilité de cette zone sont sujettes à débat. Beaucoup d’études[2] indiquent une perte notable de la sensibilité du gland du pénis circoncis, et montrent que le prépuce excisé constitue l’une des zones les plus érogènes du corps. Ces résultats sont cependant parfois contestés[3]. Il arrive que la circoncision soit mal faite. Dans ces conditions, un certain nombre de conséquences indésirables peuvent exister : affections de l’épiderme ; ponts de peau entre la peau restante et la couronne du gland ; cicatrisation longue ; érections serrées et douloureuses ; saignement de la cicatrice de la circoncision au cours d’une relation prolongée ; pénis courbé en raison d’une perte inégale de peau ; déformation du gland. L’OMS par conséquent recommande que cette opération soit considérée comme une vraie opération chirurgicale qui doit donc être effectuée sur des personnes adultes ou des mineurs consentants, selon les principes des Droits de l’Homme, et par des personnes ayant les compétences professionnelles pour la réaliser dans les conditions d’hygiène réglementaires. Là où les professionnels de la santé ont été bien formés et équipés, le taux de complications post-opératoires est de 0,2 % à 2 %[4]. Pratique rituelleHistoriquement
Scène de circoncision gravée dans le mur interne du temple de Khonspekhrod, à Mut, Louxor. Aménophis III, XVIIIe dynastie, vers 1360 av. J. C.
La pratique de la circoncision remonte aux premières traces laissées par l’Homme. Des représentations de cette opération chirurgicale ont été retrouvées sur des dessins rupestres datant du Néolithique, ainsi que sur des hiéroglyphes de tombeaux égyptiens[5]. La circoncision est mentionnée au Ve siècle av. J.-C. par Hérodote, qui l’évoque dans le second livre de ses Histoires et en attribue la paternité aux Égyptiens. Cette paternité est confirmée par de nombreux vestiges archéologiques, le plus ancien étant une gravure du tombeau d’Ankhmahor (6e dynastie, entre -2300 et -2200), à Saqqarah, qui représente une circoncision pratiquée avec un silex sur un homme debout. Hérodote explique la circoncision par une prescription hygiénique. On a dit aussi qu’elle accroissait la vigueur sexuelle et la jouissance du mâle. Inversement, dans le monde juif, le philosophe Philon d’Alexandrie voyait dans la circoncision une renonciation symbolique aux péchés de la chair et le théologien Maïmonide y voyait une diminution du plaisir souhaitable pour raison morale. Une autre interprétation religieuse fait de ce rite une forme édulcorée de sacrifice : plutôt que d’offrir son corps entier à la divinité qui lui a donné la vie, l’homme lui fait présent d’une petite partie de sa chair. L’interprétation la plus fréquente, dans les civilisations où la circoncision a lieu à la préadolescence, considère la circoncision comme un rite initiatique permettant à l’enfant de devenir adulte. Une autre interprétation doit être trouvée dans les civilisations voulant que l’opération ait lieu immédiatement après la naissance. La Bible a-t-elle simplement cherché là un moyen de perpétuer un rite païen antérieur ? Plus fondamentalement, l’histoire d’Abraham, de Sarah et d’Isaac, ou Ismaël pour les musulmans, fonde la filiation légitime, reconnue par la société dès la naissance, et indépendante des liens biologiques et conjugaux, qui sont problématiques. Le rite de la circoncision, à l’instar des interdictions alimentaires et des prescriptions vestimentaires ont pu être des moyens de marquer les communautés religieuses par des signes distinctifs ostensibles[6]. Religions et appartenance ethniqueJudaïsmeLa religion juive pratique la circoncision le huitième jour de la naissance, sauf avis médical contraire. C’est au père qu’il incombe de préparer la cérémonie, qui doit se dérouler tôt le matin. La circoncision s’appelle en hébreu milah (coupure), mais l’expression complète est Brith milah, Brit signifiant Alliance. En effet, cette circoncision rappelle l’alliance promise par Dieu à Abraham et après lui, à tout le peuple d’Israël. L’Ancien Testament fait d’Abraham et de sa famille les premiers circoncis ; lorsque Dieu apparaît à Abraham, il lui indique ainsi les termes de son alliance avec le peuple juif :
Alors âgé de 99 ans, Abraham se circoncit, impose l’opération à son premier fils Ismaël qui a 13 ans, ainsi qu’à tous les hommes et enfants mâles de sa maison. Il répète ensuite l’opération sur le petit Isaac, âgé de 8 jours. Cette différence d’âge est celle qui se perpétue entre les traditions musulmanes et juives. La circoncision au huitième jour est la coutume identitaire la plus vivace du peuple juif, bien devant le respect du Chabbat ou de la nourriture cachère, comme l’avait compris Spinoza lorsqu’il écrivait : « Le signe de la circoncision me paraît d’une telle conséquence que je le crois capable d’être à lui tout seul le principe de la conservation du peuple juif » (Traité théologico-politique, 1670). Une des significations données à la circoncision dans le judaïsme est la volonté divine de ne pas laisser la sexualité retomber dans l’animal, la vulgarité et la débauche. Une alliance divine (la seule alliance corporelle) passant par le sexe, vas forcément rehausser ce dernier vers des buts bien plus élevés que le simple plaisir et le délice qu’apportent toute activité sexuelle[pas clair]. Cela est en fait un des leitmotiv de la sexualité juive, et c’est d’ailleurs la raison de nombreuses lois concernant la sexualité. La circoncision fut de nombreuses fois interdites par les dirigeants non-juifs, qui comprenaient sans le savoir[pas clair] l’importance extrême qu’apporte chaque couple à la circoncision de leur nouveau-né. Quand la Judée fut soumise aux successeurs d’Alexandre le Grand, la circoncision fut contestée par les Juifs hellénisés. La querelle tourna à l’affrontement quand le roi Antiochos IV Épiphane voulut soumettre la population à une hellénisation forcée impliquant :
Cette tentative est une des causes de la guerre des Macchabées qui déboucha sur l’avènement de la dynastie hellénisée des Hasmonéens. Aux États-Unis, pays où la circoncision est extrêmement courante, y compris hors de toute connotation religieuse, un mouvement minoritaire de juifs opposés à la circoncision (Jews against circumcision) préconise l’abandon de cette pratique. Article détaillé : Brit milah.
ChristianismeDans le Nouveau Testament, un seul des quatre évangélistes évoque dans le cadre d’un récit la circoncision du Christ. Il s’agit de Luc (II, 21) : « Et lorsque furent accomplis les huit jours pour sa circoncision, il fut appelé du nom de Jésus, nom indiqué par l’ange avant sa conception. » Par ailleurs une lettre de saint Paul fait aussi allusion, dans le cadre d’un développement théologique à la « circoncision du Christ » (Colossiens II, 11). Comme Jésus, tous ses premiers disciples étaient circoncis, puisque juifs. Les Églises catholiques[8] et orthodoxes, loin de nier ou de minimiser la circoncision de Jésus, la célèbrent au contraire le 1er janvier, soit sept jours après le 25 décembre, date fixée, par convention, au quatrième siècle pour la célébration de sa naissance (dont la date réelle est inconnue). Le 1er janvier est appelé la fête de la Circoncision ou la Circoncision[9]. La scène de la Circoncision est fréquemment représentée dans l’art du Moyen Âge. Le Saint Prépuce fut même vénéré en temps que relique, que certaines églises croyaient détenir. La première génération chrétienne fut confronté à un problème difficile lorsque se convertirent en masse des personnes d’origine non juive. Après un débat animé, les non-juifs furent dispensés de la circoncision par une assemblée tenue à Jérusalem au milieu du premier siècle, traditionnellement appelée « Concile de Jérusalem » (Actes des Apôtres, chapitre XV). Cependant même après cette date persistèrent des tensions à ce sujet, comme on le voit dans les Épîtres de Saint Paul, qui continue à argumenter à l’encontre des chrétiens « judaïsants » : seule est nécessaire la « circoncision du cœur » (Romains 2, 28-29, adapté de Deutéronome 10, 16-17 et 30, 6), ou encore : « La circoncision n’est rien, et l’incirconcision n’est rien ; ce qui compte, c’est de garder les commandements de Dieu. » (2 Corinthiens, VII, 19), car il n’y a plus « ni juifs, ni païens », mais un seul corps dans le Christ Jésus. Dans les siècles qui suivirent, les communautés juives chrétiennes, excommuniées par les autorités religieuses pharisiennes au synode de Jamnia (vers 90), se fondirent progressivement dans les autres communautés chrétiennes ou disparurent. Les autorités chrétiennes en vinrent progressivement à proscrire carrément la circoncision, même dans les familles chrétiennes d’origine juive, parce que cette pratique était perçue comme un retour à une communauté qui refuse le christianisme. Cependant la circoncision est encore pratiquée par les Églises coptes d’Égypte et d’Éthiopie, du fait que cette pratique, commune aux populations d’alentours, n’y était pas perçue comme un reniement du christianisme et un retour au judaïsme. De même la pratique de la circoncision n’a jamais rencontré d’opposition lorsqu’elle est inspirée par des raisons culturelles et prophylactiques. Par exemple en Amérique du Nord ou chez les noirs Africains de confessions chrétiennes[10]. De même en Polynésie française[11]. De même un pays asiatique à majorité catholique, les Philippines, présente un taux de circoncision assez proche de 100 %, il semble que cette pratique culturelle remonte à des origines préhispaniques et ait été encouragée par la colonisation américaine (1898-1946), ces derniers mettant en avant le côté hygiénique[12]. Iconographie chrétienne
Circoncision de Jésus sur le retable des Douze Apôtres de Friedrich Herlin de Nördlingen, 1466. Rothenburg ob der Tauber.
C’est sans doute dans une société qui ne la pratique pas, et qui ne la connaît que de loin, que la circoncision a le plus souvent été représentée, à savoir dans la chrétienté du Moyen-Âge et de l’âge classique[13]. En 1730, Juan Interián de Ayala fait remarquer dans son ouvrage Pictor christianus eruditus (« le Peintre chrétien détrompé ») que les représentations chrétiennes de la circoncision de Jésus contiennent parfois des erreurs fondées sur une profonde méconnaissance des usages juifs. Ainsi on dépeint souvent la circoncision opérée par un prêtre dans le Temple, alors que c’était en réalité une affaire réglée dans et par la famille, voire par l’un des deux parents eux-mêmes. Cependant il faut observer que ces peintres visaient moins la réalité historique (qui n’avait pas d’intérêt pour le monde chrétien) que le sens théologique de cet épisode de la vie de Jésus. Ainsi, quand on voit l’enfant Jésus sous le couteau et sur l’autel, comme une offrande sacrificielle, voire comme un aliment sur une table, c’est que la Circoncision est considérée comme une préfiguration de la Crucifixion et de l’Eucharistie, selon une vue développée par certains Pères de l’Église. C’est la première fois qu’est versé le sang du Christ, destiné à sauver les hommes, et à abreuver leurs âmes. Dans d’autres cas, il est clair que le peintre songe au baptême, rite d’agrégation qui a remplacé la circoncision dans la sphère chrétienne. Quelques œuvres où la circoncision est représentée :
IslamLa circoncision est pratiquée par l’immense majorité des musulmans, soit environ 600 millions de personnes de sexe masculin. Les oulémas se divisent en deux opinions au sujet de la circoncision : obligation ou forte recommandation, ce qui prouve bien que le Coran ne prescrit nulle part cette pratique. Elle est seulement mentionnée dans plusieurs hadiths (appelée khitân). Par exemple, le hadith 4:575 de Abu Huraira « L’envoyé de Dieu a dit, Abraham se circoncit lui-même à l’âge de 80 ans à l’aide d’une herminette. ». Ailleurs, le prophète de l’islam déclare aux nouveaux convertis « Débarrassez vous des cheveux longs des païens et soyez circoncis. »[14] Au travers de l’« Alliance offerte par dieu à Abraham », Abraham, connu sous le nom d’Ibrahim en islam, serait l’instaurateur de la circoncision pour des raisons divines. Dans la mesure où Ibrahim est l’un des plus importants prophètes pour les musulmans, il est logique que ceux-ci pratiquent ce rituel. Par ailleurs, dans la tradition musulmane, le premier enfant à avoir été circoncis est Ismaël, le prophète dont la lignée aurait donné les Arabes. Cela explique pourquoi les enfants sont circoncis lorsqu’ils sont âgés entre 4 et 8 ans. À titre de comparaison, dans la tradition juive, la circoncision a lieu très tôt, le huitième jour de la vie de l’enfant, sauf contre-indication médicale. Isaac, fils d’Abraham, aurait été circoncis à cet âge. Or, la lignée d’Isaac sera celle des douze tribus d’Israël. La circoncision en islam pourrait aussi refléter la survivance de rites plus anciens. En Iran, elle a lieu le plus souvent le jour même de la naissance. Ailleurs, l’âge où l’enfant est circoncis est très variable, même si le plus souvent sept ans est considéré comme le meilleur âge. L’important est que l’opération ait lieu avant la puberté et les premiers signes d’éveils sexuels. Bouddhisme et confucianismeLes pays asiatiques de tradition bouddhique, confucéenne, shintoïste, etc., ne connaissent pratiquement pas la circoncision en dehors des cas médicaux. Seule la Corée du Sud fait exception à cette règle. Dans ce pays, elle était inconnue avant 1950. C’est l’influence américaine présente à cause de la guerre de Corée qui en assura la promotion arguant de bienfaits médicaux non démontrés, par la suite des campagnes de presse vantant le gain en performance sexuelle, sans doute répandues sur un terreau culturel particulièrement réceptif, relayèrent ces arguments et permirent l’émergence d’une mode socialement valorisante. Ainsi vers 1970, seulement 5 % des conscrits du service militaire étaient circoncis alors qu’en 2000, c’est 80 % des conscrits qui l’étaient. Au début effectuée à tous âges, l’opération a tendance maintenant à devenir néo-natale. On se retrouve ainsi dans une situation proche de celle des États-Unis des années 1960. Religions animistesEn Afrique noire (Afrique de l’Ouest, Afrique centrale, Afrique de l’Est et une partie de l’Afrique du Sud), la circoncision est extrêmement répandue quelle que soient l’ethnie et la religion. Elle a subi l’attrait de la modernité et les familles des zones urbaines préfèrent largement la pratiquer, dès les premiers mois après la naissance de leurs enfants mâles, dans les services médicaux équipés à cet effet. Dans les zones rurales la circoncision est souvent effectuée durant la petite enfance par des « circonciseurs » (tradipraticiens). Chez quelques ethnies en Afrique du Sud et de l’Est comme celles des Xhosas en république Sud Africaine ou celle des Luos au Kenya, elle a conservé son caractère initiatique. Cependant elle est moins courante dans certains pays d’Afriques australes (Zambie, Zimbabwe, Malawi, Botswana, Swaziland et Lesotho).
Circoncis sénégalais, cliché d’Edmond Fortier, photographe et éditeur de cartes postales pour l’AOF à Dakar entre 1900 et 1914.
Elle est également pratiquée par plusieurs peuples polynésiens et par certains aborigènes australiens. EthnographieL’irruption de la modernité dans les sociétés traditionnelles colonisées se traduit notamment par la photographie à caractère ou à prétention ethnographique, par exemple en Afrique occidentale française (ci-contre). Dans le cas des communautés juives d’Afrique du Nord, cette fonction ethnographique se double d’une fonction identitaire, par le biais de la carte postale (voir ci-dessus), qui permet à la communauté d’être représentée et de se représenter au sein d’une société ouverte et laïque, pour laquelle elle optera massivement lorsque viendra l’heure du choix. Pratiques non religieusesÀ la fin du XIXe siècle, les médecins britanniques et américains pratiquaient des interventions chirurgicales sur les parties génitales des enfants mâles et femelles pour prévenir la masturbation ou l’empêcher. La masturbation était responsable de nombreuses maladies, selon les médecins de l’époque. Cette théorie prit naissance en Angleterre, à l’époque victorienne, puis se répandit graduellement, de même que la pratique de la circoncision, au reste du monde anglo-saxon. John Harvey Kellogg, médecin et « inventeur des corn flakes », prônait la circoncision sans anesthésie des petits garçons pour lutter contre la masturbation masculine : Un remède presque toujours efficace contre la masturbation chez les jeunes garçons est la circoncision. L’opération doit être faite par un chirurgien sans anesthésie, car la douleur de courte durée pendant cette opération a un effet salutaire sur l’esprit, surtout si elle est associée à l’idée de punition. Pour ce qui est des femelles, l’auteur a découvert que l’application de phénol pur sur le clitoris était un excellent moyen de maîtriser l’excitation anormale.[15] (Les brûlures au phénol sont très douloureuses et longues à guérir.) Une fois que la circoncision était chose courante, les raisons qui ont motivé la poursuite de cette pratique étaient de rendre les fils semblables aux pères circoncis, de conformer les garçons à leurs pairs du point de vue de l’anatomie, d’améliorer l’hygiène, de prévenir un prépuce serré, non rétractable (du point de vue médical, il s’agit là d’un processus normal de développement du prépuce de l’enfant), de moyen de prévention contre l’infection urinaire, les MST, le cancer du pénis ou du col urinaire, et de réduire le risque de contracter le virus du sida. Les partisans de la circoncision utilisent comme argument une prévention ou une guérison, bien que celles-ci puissent être obtenues par d’autres moyens respectueux de l’intégrité physique. Lorsque les problèmes relatifs au prépuce se présentent, des traitements médicaux et non chirurgicaux existent. Avec une meilleure compréhension des organes génitaux externes du mâle et depuis la création du British National Health Service en 1948, la circoncision a rapidement perdu du terrain au Royaume-Uni. Des études montrèrent que le nombre de complications dues à l’opération de circoncision dépassait le nombre de cas de maladies qu’elle était censée prévenir. Les États-Unis restent, à l’heure actuelle, le pays ayant le plus recours à la circoncision pour des raisons non religieuses. En Angleterre la reine Victoria avait fait circoncire ses enfants, notamment le futur roi Édouard VII, sous le prétexte que la famille royale d’Angleterre descendait du roi David, monarque juif. La coutume s’est perpétuée par la suite, mais la princesse Diana de son vivant a refusé que ses deux garçons soient circoncis. Une rumeur dit depuis que le prince William et son frère l’auraient été à leur demande afin de ressembler à leur père, le prince Charles. Depuis les années 1990 on lit des récits d’hommes se faisant circoncire à l’âge adulte, par choix personnel. La motivation semble du même ordre que celle qui pousse à se faire tatouer, à porter un piercing, ou à s’épiler entièrement. Il s’agit en fait de fétichisme a minima : par la modification, la partie du corps concernée est investie libidinalement.[réf. nécessaire] Circoncision réalisée par un chirurgienTechniques opératoires et résultats
Les médecins du XIXe siècle conseillaient l’opération pour réduire la masturbation, qui était d’après eux responsable de nombreuses maladies. La circoncision était ainsi censé réduire directement ou indirectement l’« hystérie », les maladies vénériennes, le satyriasis, et même le hoquet. Les partisans actuels affirment que des affections sont dues à la formation du smegma sous le prépuce[réf. nécessaire], une substance jaunâtre malodorante[non neutre] sécrétée par les glandes sébacées du prépuce. Ils citent également comme preuve le fait que les hommes circoncis présentent moins de cancers péniens[réf. nécessaire] et leurs partenaires féminins moins de cancers cervicaux (cancer du col de l’utérus)[16]. Les opposants à la circoncision objectent à ces arguments en déclarant que ces affections sont plus probablement dues à une hygiène insuffisante et au contact de nombreux partenaires sexuels. La discussion médicale sur l’opportunité de circoncire ou non peut être résumée ainsi : un individu pratiquant une bonne hygiène n’a nul besoin d’être circoncis. Il faut, à l’opposé, reconnaître que la circoncision facilite considérablement la vie à la mère[précision nécessaire]. De même, il y a un désir d’identification émanant du père. Il convient de s’entendre sur les termes : une circoncision pour motif religieux peut être réalisée par un non-médecin (par exemple un rabbin) ou par un médecin ; en revanche, une circoncision pour indication médicale (par exemple : diabète) ou chirurgicale (par exemple : phymosis) est toujours pratiquée par un médecin - et est parfois appelée « posthectomie », surtout lorsque l’opération ne vise pas à ôter tout le prépuce. Du point de vue opératoire, il existe plusieurs techniques de circoncision, et plusieurs « styles » de circoncisions : par exemple, le chirurgien peut enlever peu ou beaucoup de prépuce ; de même, il peut enlever en proportions variables peau et muqueuse du prépuce ; enfin, certains chirurgiens résèquent le frein du gland (lequel peut aussi se déchirer durant l’intervention). Les auteurs américains distinguent ainsi, en fonction des quatre combinaisons obtenues, quatre grands « styles » de circoncisions : high and tight, low and loose, low and tight, etc. La version « high and loose » est exceptionnelle… Les circoncisions médicales opérées en France - et appelées « posthectomies » - ôtent nettement plus de muqueuse que de peau du prépuce, si bien que la cicatrice de circoncision se situe juste en dessous du gland (plus exactement « au-dessus », puisqu’on considère un sujet debout). Le but ainsi recherché est certes que la cicatrice soit peu visible - contrairement aux circoncisions pratiquées pour motifs religieux -, mais cela nuit en définitive à la sensibilité du pénis, puisque la muqueuse est plus richement innervée que la peau du prépuce. Les pénis circoncis précocement dans la vie du sujet présentent un gland dont la couronne s’est évasée (parce que non contenue dans un prépuce) et forme une « collerette » caractéristique. Quant aux pénis circoncis dont le frein a été excisé, ils sont reconnaissables au fait que, de profil, on distingue une petite fossette en lieu et place du frein. Il faut noter qu’il n’est pas toujours aisé de dire si un homme est circoncis ou « intact » : certaines circoncisions ont enlevé peu de prépuce ou le gland est dégagé parce que le prépuce est rétracté… le meilleur critère visuel semble être la présence d’une cicatrice de circoncision séparant la peau pigmentée de la muqueuse rose. Et encore, la peau du fourreau doit-elle être suffisamment tendue pour l’affirmer, car l’anneau prépucial peut donner le change pour une cicatrice de circoncision. L’homme circoncis selon les styles « tight » n’a plus du tout de prépuce, et son gland est dénudé en permanence. Il est sec et la production de smegma est inexistante. D’un point de vue hygiénique, c’est effectivement fort commode, surtout dans les pays chauds. Néanmoins, certaines circoncisions peuvent être trop "tight", si bien qu'à l'état d'érection la peau du pénis est tendue, causant une gêne (voir photo ci-contre). De même, le frein reconstruit peut s'avérer trop court, tirant la partie du gland située près du méat urinaire en direction de la hampe. PhimosisLe phimosis est l’incapacité de rétraction du prépuce derrière le gland. La paraphimosis est l’état où le prépuce est bloqué derrière le gland et ne peut pas revenir à sa position normale à l’état de flaccidité. Ces deux cas sont dus à un anneau prépucial trop petit. Dans ces deux cas, la circoncision est appliquée dans la majorité des cas. Il existe des alternatives non chirurgicales au traitement de cette condition (voir plus loin). La non-rétractabilité du prépuce et l’adhésion du gland au prépuce sont des conditions fréquemment observées chez l’enfant. L’âge auquel le phimosis devient problématique est sujet à caution et son évaluation est à la discrétion du médecin. Certaines études parlent d’une normalité jusqu’à l’âge de 5 ans, d’autres estiment la limite à 10 ans[17], d’autres encore la placent à l’âge des premières relations sexuelles[18]. De fait, le phimosis physiologique se présente lorsque, lors de l’érection, l’enfant éprouve une douleur à cause de l’étroitesse de son prépuce. Seuls 1 % des garçons de 14 ans ne pourraient pas rétracter leur prépuce[19]. À cause de cette variabilité, l’utilisation de la circoncision dans ces cas fait aussi débat. Des phimosis seraient incorrectement diagnostiqués et les circoncisions injustifiées[20]. Certaines études montrent que cette prévalence serait augmentée par les pratiques de décalottage forcé du prépuce des enfants mises en œuvre par des parents ou des médecins[21]. Lorsque le phimosis de l’adolescent persiste chez l’adulte, il existe pour le corriger des alternatives à la circoncision qui ne requièrent pas de supprimer le prépuce. Elles consistent à élargir son ouverture afin de faciliter sa rétraction derrière le gland, au moyen de la chirurgie (plastie du prépuce) ou de manipulations : expansion progressive des tissus formant l’anneau prépucial lorsque soumis à un étirement modéré et prolongé ou répété. Mis à part ces méthodes manuelles, une autre alternative est la préputioplastie, intervention chirurgicale consistant à pratiquer une ou plusieurs incisions afin de simplement élargir le prépuce. Prévention du sidaSelon une étude franco-sud-africaine exposée le 26 juillet 2005 à la troisième conférence sur les mécanismes de l’infection par le virus du sida, les hommes circoncis auraient une probabilité « jusqu’à 60 % » moindre de contracter le virus du sida. Ces données ont été confirmées par deux autres études africaines montrant une diminution de près de la moitié de la contamination chez les circoncis[22],[23]. la circoncision n’a cependant pas d’efficacité préventive chez la femme du circoncis[24]. Depuis mars 2007, l’OMS recommande la circoncision médicale à tout âge comme une stratégie additionnelle dans la lutte contre l’épidémie de sida dans les zones géographiques fortement touchées par l’épidémie[25]. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) et l’ONUSIDA (programme commun des Nations unies sur le sida) ont donc décidé de lancer des campagnes de sensibilisation en faveur de la circoncision médicale pour les personnes consentantes, une efficacité sur la prévention de la transmission hétérosexuelle du VIH de la femme à l’homme ayant été prouvée. Toutefois, la circoncision ne semble avoir aucune influence sur la transmission du VIH de l’homme à la femme ou entre hommes[26]. L’OMS précise de façon claire que ces programmes de circoncisions doivent obéir aux principes de Droits de l’Homme et que le consentement des adultes comme des enfants doit être obtenu, pour les mineurs insuffisamment mur ou nouveau-nés, le consentement des parents est indispensable : « Les pays veilleront à ce que la circoncision soit pratiquée conformément à l’éthique médicale et aux principes des droits de l’homme. Il faut obtenir le consentement éclairé des intéressés, et garantir la confidentialité et l’absence de coercition. (…) Lorsque la circoncision est pratiquée sur des mineurs (jeunes garçons et adolescents), l’enfant participera à la prise de décision, conformément à l’évolution de ses capacités. Les parents à qui il incombe de donner leur consentement, notamment pour la circoncision des nouveau-nés, recevront suffisamment d’information (…) »[25] Ce type de campagne peut être mal interprété[27], puisqu’elle peut laisser faussement croire que la circoncision immunise. Or le risque de contamination n’est pas écarté, mais seulement réduit de 60 %. L’usage de préservatifs reste encore et toujours le meilleur moyen de protection contre le sida lors d’un rapport sexuel, que l’homme soit circoncis ou non. L’OMS rappelle donc que la circoncision ne protège pas complètement contre l’infection à VIH. Les hommes circoncis peuvent toujours contracter l’infection à VIH et, une fois séropositifs, transmettre le virus à leurs partenaires sexuels[28],[29]. Elle ne doit pas remplacer les autres méthodes de prévention mais venir en complément[30]. Plusieurs hypothèses explicatives ont été avancées[31] :
Statistiques des cas de cancerLa circoncision pourrait aussi avoir des conséquences bénéfiques en matière de cancer du pénis (cancers particulièrement rares dans tous les cas). Les statistiques révèlent que les hommes circoncis sont moins touchés par ce type de cancer. Néanmoins, en 1998, l’American Cancer Society déclare que si la probabilité pour les hommes circoncis d’êtres touchés par cette forme de cancer était faible c’était avant tout parce que la circoncision était pratiquée par une des catégories de la population les moins à risque, notamment pour ce qui retourne de l’hygiène intime et les conditions d’accès à l’eau potable. En 2005, la même American Cancer Society mène une nouvelle étude et réaffirme que les circoncis sont moins touchés et que la circoncision est une méthode de prévention efficace[32]. Cette étude a fait l’objet de critique de la part d’autres spécialistes, qui estiment que d’autres facteurs doivent être pris en compte (population pratiquant et ne pratiquant pas la circoncision auraient un taux de risque différent même si on met de côté la circoncision, non prise en compte de l’hygiène intime des sondés)[33]. Circoncision néonataleEn Occident, la circoncision néonatale prend de l’ampleur dans l’Angleterre victorienne, à la fin du XIXe siècle. L’idée que le prépuce, en lubrifiant le gland, favorisait la masturbation, était alors redoutée dans les familles. La circoncision devint donc un moyen d’assurer au jeune garçon « une meilleure hygiène physique et mentale »[réf. nécessaire].
Cette pratique de la circoncision s’étend très vite aux autres pays anglo-saxons, notamment aux États-Unis et au Canada anglophone. Mais on y abandonne l’idée très controversée de lutte contre la masturbation au profit de considérations hygiéniques et esthétiques. La circoncision est alors présentée comme un acte médical prophylactique. La majorité de la population mâle étant circoncise aux États-Unis, les partisans de la circoncision utilisent aussi la conformité comme argument. Dans les années 1970, aux États-Unis près de 80 % des nouveau-nés mâles sont circoncis. Ce chiffre est de 65,3 % en 1999. En Angleterre, la circoncision néonatale a été retirée de la liste des opérations couvertes par le National Health Service nouvellement formé face à l’absence de consensus au sein de la communauté médicale quant au bénéfice médical réel de la circoncision des jeunes enfants. Un des facteurs ayant pu mener à ce rejet de la circoncision est le rapport de Douglas Gairdner The Fate of the foreskin (Le Sort du prépuce), qui révéla qu’entre les années 1942 et 1947, environ 16 enfants mouraient chaque année suite à une circoncision en Angleterre et au Pays de Galles, soit un taux de 1 pour 6 000 circoncisions effectuées[36]. Depuis, la circoncision est aux frais de parents et la proportion de nouveau-nés circoncis en Angleterre et au Pays de Galles a extrêmement baissé. Autres effet médicauxLa circoncision aurait une certaine efficacité pour la prévention des infections à papillomavirus et à herpes simplex virus, mais pas contre la syphilis[37]. Reconstruction du prépuceQuelques associations proposent aux hommes circoncis de créer un pseudo-prépuce en étirant graduellement la peau du pénis. Article détaillé : Restauration du prépuce.
Distribution géographiqueSelon l’Organisation mondiale de la santé, 30 à 34 % des hommes de plus de 15 ans sont circoncis de par le monde[38].
Questions éthiquesLe problème du consentementAucun acte chirurgical n’est censé pouvoir être pratiqué sur une personne s’il ne donne son consentement éclairé. Dans le cas d’un mineur, ce sont les parents ou tuteurs qui doivent donner ce consentement, même si les médecins essaient parfois de tenir compte de l’avis de l’enfant s’il est d’âge à le donner. Or, la circoncision se pratique généralement sur des mineurs (souvent même sur des nourrissons), et certains[42] remettent en cause la légitimité des parents à choisir pour l’enfant une modification corporelle irréversible en l’absence de toute nécessité médicale urgente. Aspects juridiquesEn FranceEn France, la circoncision à visée thérapeutique n’est pas interdite. Selon l’arrêt de la cour d’appel d’Aix-en-Provence du 23 avril 1990, confirmé par l’arrêt du 30 mai 1991 de la chambre criminelle de la Cour de Cassation, dans les cas autorisés par la loi[43], le chirurgien qui pratique une intervention chirurgicale dans l’exercice normal de sa profession jouit d’une immunité légale, dans la mesure où son intervention est justifiée par un intérêt thérapeutique[44].
De façon plus générale, les faits sont justifiés lorsqu’ils répondent à certaines pratiques professionnelles rentrées dans l’usage. Certaines personnes disent que la circoncision en fait partie, dès lors qu’elle est effectuée selon les conditions chirurgicales réglementaires[réf. nécessaire]. L’autorisation doit émaner des deux parents et un seul ne peut accomplir cet acte de disposition[réf. souhaitée]. En SuèdeLa Suède, par une loi entrée en vigueur le 1er octobre 2001, autorise la circoncision avec les restrictions suivantes :
Cette loi a été adoptée par le Parlement avec une majorité de 249 voix pour, 20 abstentions, et en l’absence de 70 députés. Aucune voix ne s’est élevée contre le projet, et 10 députés auraient souhaité une loi plus restrictive. La communauté juive de Stockholm désapprouve cette loi la jugeant trop restrictive[45]. En FinlandeLe tribunal de Turku a, sur réquisition du ministère public qui considère la circoncision comme toute autre mutilation, condamné une mère musulmane pour la circoncision de son fils sans le consentement du père[46],[47]. États-Unis et CanadaDes mouvements pour l’intégrité génitale, parfois désignés du terme générique « intactiviste », qui sont apparu surtout aux États-Unis, considèrent que puisque l’ablation du prépuce induit une perte de fonctions sexuelles, elle nuit au bien-être de l’homme et il fait valoir que la circoncision génère une souffrance physique et morale réelles chez certaines personnes. Ils estiment donc que le prépuce n’est pas « un bout de peau superflu » dans l’anatomie masculine et que la circoncision constitue une mutilation de tissus sexuels sains et fonctionnels, une véritable violation du droit à l’intégrité corporelle, lorsqu’elle est pratiquée sur des êtres humains non adultes, correctement informés et consentants. Des associations contre la circoncision envoyèrent une proposition de loi afin d’interdire la circoncision des mineurs auprès du Congrès des États-Unis qui ne reçut l’aval d’aucun sénateur. « Leur lobbying a contribué toutefois à la suppression du remboursement des circoncisions néonatales dans certains États, notamment sur la côte ouest, ainsi qu’au Canada ». Selon les opposants à la circoncision, celle-ci ne serait justifiable médicalement que s’il n’existait pas de solutions de remplacement moins invasives et si la vie du patient était en jeu[48]. Afrique du SudL’article 12 du Children’s Act 38 of 2005[49]
Conséquences psychologiques de la circoncisionIl convient de rester prudent quand il s’agit d’évaluer les conséquences psychologiques de la circoncision. Cette question touche au vécu et au ressenti individuel et ne saurait souffrir de généralisations.
Ces conséquences s’évaluent différemment selon l’âge auquel est effectuée la circoncision (il est difficile d’étudier les cas de circoncision sur des nourrissons) et a des effets différents selon les âges[réf. souhaitée]. Il faut également distinguer le traumatisme que peut causer l’opération elle-même d’un mal-être que peut éventuellement entraîner l’état d’être circoncis. Par exemple l’éducateur A. S. Neill envisage le cas où elle serait vécue comme une castration symbolique (Retour à Summerhill, Payot). Du point de vue sexologique, il est manifeste que la circoncision diminue la sensibilité du pénis, et notamment celle du gland. Le sujet circoncis a en général besoin d'effectuer des pénétrations plus rapides et plus profondes pour atteindre l'orgasme. La cause n'est pas uniquement la diminution de sensibilité du gland, mais aussi le fait que celui-ci ne peut coulisser à l'intérieur du prépuce, lui-même à l'intérieur du vagin. Perspectives psychanalytiques et conséquences psychologiques de la circoncisionArticle détaillé : Perspectives psychanalytiques et conséquences psychologiques de la circoncision.
Notes et références
Bibliographie
Voir aussiArticles connexes
Liens externes
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