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La méthadone est un opiacé analgésique synthétisé en 1937 par les Allemands Max Bockmühl et Gustav Ehrhart de chez I.G. Farben qui cherchaient un analgésique qui serait d'un emploi plus aisé au cours d'une intervention chirurgicale et ainsi d'avoir moins de potentiel d'addiction. La méthadone est utilisée depuis 1960 comme substitut des opiacés chez les consommateurs d'héroïne sous l'impulsion de Vincent Dole. En général, le mélange des isomères D et L est utilisé, ceci bien que l'activité recherchée soit due presque entièrement à la forme L. En tant qu'analgésique narcotique, la méthadone est utilisée pour soulager des douleurs sévères.
AbsorptionLa méthadone est rapidement absorbée au niveau du tractus gastro-intestinal et les premiers effets analgésiques apparaissent après 30 à 60 minutes. La durée d'action est de six à huit heures. Lors d'une administration répétée, la durée d'action et la demi-vie (15 à 55 heures) augmentent également. Le taux plasmatique thérapeutique de la méthadone est d'environ 100 à 400 microgrammes/L et le taux plasmatique toxique est d'environ 1000 à 2000 microgrammes/L. MétabolismeLa méthadone est principalement métabolisée dans le foie par mono- et di-N-déméthylation, puis se transforme spontanément en une structure cyclique, d'une part en 2-éthyliène-1,5-diméthyl-3,3-diphénylpyrrolidine (EDDP, métabolite primaire de la méthadone) et d'autre part en 2-éthyl-5-méthyl-3,3-diphénylpyrrolidine (EMDP, métabolite secondaire). La méthadone est également métabolisée par hydroxylation en méthadol, suivie d'une N-déméthylation en norméthadol. La méthadone, la EDDP et la EMDP subissent également une hydroxylation suivie d'une glucuroconjugaison. Les métabolites majeurs de la méthadone sont inactifs. DosageDe nombreux tests immunologiques permettent le dépistage rapide (30 secondes) de la méthadone dans l'urine jusque plusieurs jours (8 à 10) après la dernière administration. De manière générale, les méthodes immunologiques de dépistage ne présentent pas de réaction croisées avec des substances de structures différentes. Cependant, selon la spécificité du test utilisé, le L-alpha-acéthylméthadol (LAAM), un analogue de la méthadone à longue durée d'action, et ses métabolites peuvent présenter une réaction croisée et donner des résultats faussement positifs. La méthadone et ses métabolites sont rapidement extraits avec les techniques liquide-liquide ou SPE (solid phase extraction). La chromatographie sur couche mince et la chromatographie gazeuse peuvent également être utilisées. Traitements de substitutionIntroduits aux États-Unisdans les années 1960 par Dole et Nyschwander[1], ils ont d'abord été utilisé pour de graves héroïnomanies, telles que pour des soldats de retour du Viêt-Nam. Le traitement par méthadone vise la stabilisation du patient et la réduction des risques : les risques liés à l'injection de substances en intra-veineux ou la prise par voie nasale (notamment la contamination par le VIH et l'hépatite C), les risques de surdosage ou d'overdose, et les risques liés aux activités illégales menées en vue de se procurer l'héroïne (deal, prostitution). La méthadone présente ainsi l'avantage d'être un opiacé de longue durée d'action, ce qui permet de prévenir la rechute de la consommation d'héroïne. Elle est prise par voie orale, sous forme de solution amère et non injectable, ou de gellules. Dans le cadre d'une utilisation médicale contrôlée, l'effet euphorique ressenti est moindre que dans la consommation de l'héroïne. Le traitement de substitution permet de se donner le temps de traiter les problèmes de fond (psychologiques, sociaux...) et de stabiliser le patient avant d'essayer de le diminuer et de l'arrêter. Dans tous les cas, un traitement de substitution n'est qu'un moyen qui accompagne une prise en charge plus globale sociale et psychologique. D'ou l'intérêt des centres spécialisés (CSST ou CSAPA). Resté sujet de controverse du fait de son caractère accoutumant qui peut en faire un traitement à vie, avec de fortes oppositions entre autre en France, ce traitement doit son essor aux épidémies dues aux virus du SIDA, des hépatites C ou B, car il permet d'éviter les injections ou les blessures par les pailles de "snif" (pour priser) et donc de limiter la diffusion des maladies. Ainsi, il y a une baisse notable du nombre de nouveaux cas de séroconversion pour le VIH chez les personnes sous traitement substitutif[2]. Note
Voir aussiArticles connexesLiens externes
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