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La masturbation est une pratique sexuelle, consistant à provoquer le plaisir sexuel par la stimulation des parties génitales ou de l’anus à l’aide des mains ou d’objets, tels des godemichets ou autres jouets sexuels. L’étymologie provient en droite ligne du latin par suffixation savante du verbe déponent latin masturbari signifiant « pratiquer l’onanisme ». Attesté chez Montaigne dès 1580[1].
TechniquesLes techniques de masturbation sont très différentes pour les hommes et les femmes, en raison de leurs appareils génitaux différents, mais elles varient également beaucoup d’un homme à l’autre et d’une femme à l’autre. La plupart des hommes se masturbent par un geste de va-et-vient de leur main sur leur pénis. Certains (et notamment ceux qui sont circoncis) se masturbent en stimulant le frein du prépuce du bout des doigts. Il est également possible d’utiliser un lubrifiant (salive, gel, huile de massage…) pour faciliter le glissement. La masturbation de l’enfant et de l’adolescent permet d’ouvrir l’anneau préputial et de corriger le phimosis (Dr Beauge)[réf. souhaitée].
Masturbation féminine. Illustration de Kunisada Utagawa.
La plupart des femmes se masturbent en stimulant leur clitoris, soit directement avec les doigts (éventuellement à travers un tissu, notamment lorsqu’elles sont ultra-sensibles), soit avec un objet (oreiller, édredon, vibromasseur, le jet de la pomme de douche…) contre ou avec lequel elles se frottent. Certaines se masturbent uniquement en se pénétrant (avec les doigts, un godemiché ou autre) mais c’est relativement rare, d’autres apprécient de cumuler stimulation clitoridienne et vaginale. Chacune a, en général, une position et technique préférée, pratiquée la majorité du temps. Les femmes comme les hommes peuvent se masturber l’anus, soit uniquement l’orifice, soit par pénétration, avec des doigts ou avec un objet ; ce plaisir est encore plus grand pour les hommes lors de la pénétration puisque cela stimule la prostate et l’éjaculation est aussi plus forte[réf. nécessaire]. Les hommes comme les femmes peuvent stimuler d’autres parties sensibles de leur corps en même temps ou à la place de leurs parties génitales : scrotum, tétons, cuisses, pieds, aisselles, ventre, nombril, cou, testicules pour les hommes, selon leur sensibilité. Lorsque la masturbation est pratiquée avec un partenaire, il est possible de stimuler les organes génitaux avec la main, mais aussi contre toutes les parties du corps (voir axilisme, tribadisme, combat d’épées, branlette espagnole, coït intercrural…). Masturbation à l'aide d'appareils
La SOM (Super Onanism Machine) inventée par la société japonaise Goodsland fait son apparition en 2002. Il en existe deux versions : l’une masculine, l’autre destinée aux femmes. Dans sa version masculine, une main artificielle électrique se charge de la masturbation. Elle opère un mouvement de va et vient vertical dont il est possible de régler la vitesse. Il suffit de mettre sa verge dans la main préalablement lubrifiée et de régler la vitesse. La main est unisexe et sied aussi bien aux homosexuels qu’aux hétérosexuels. La version féminine travaille en position horizontale et semble rencontrer le même succès que la version précédente. Deux mois après la sortie de l’appareil, il s’était vendu 2 000 pièces au prix de 40 000 yens par machine (environ 300 €).
Les onanism cups ou canettes masturbatoires ont la forme de gobelets en carton ou reproduisant des organes génitaux féminins. Ils se jettent après usage. Ces gobelets sont garnis d’une substance visqueuse émettant des bruits de succion lors de la masturbation ou de ‘nouilles’ en gélatine qu’il faut placer au bain marie ou au four à micro-ondes pour les réchauffer. La paroi interne de ces subsitiuts vaginaux est parfois hérissée de saillies élastiques qui reproduisent la constriction d’un sexe sur le pénis. Enfin, des cannetes sont la reproduction exacte des organes génitaux internes de telle ou telle célèbre actrice de films pornographiques ou le vagin grumeleux de telle autre[2]. Masturbation en groupeLa masturbation en groupe est pratiquée par deux individus minimum que ce soit dans un cadre hétérosexuel et/ou homosexuel. Le Masturbathon est un rassemblement dans lequel des hommes et des femmes sont invités à se faire sponsoriser pour se masturber lors de cet événement. Les profits servent à aider des causes de charité. Masturbation entre hommes hétérosexuelsLa masturbation commune désigne ici deux hommes qui se masturbent ensemble alors qu’ils sont hétérosexuels. Cette pratique n’est donc pas appelée à être un préambule à une relation sexuelle. Elle est dite mutuelle lorsque l’un des participants masturbe un autre pénis que le sien pendant qu’un autre participant le masturbe. Pratiques culturelles précolombiennesCe semble être relativement ancienne du fait qu’on en trouve des traces dans des cultures précolombiennes. À travers de nombreuses cultures, comme chez les Hopi en Arizona, les Wogeno en Océanie, les Dahomeans et les Namu en Afrique, la masturbation solitaire et entre garçons est encouragée. Dans certaines communautés mélanésiennes, il est attendu des jeunes hommes qu’ils se masturbent entre adolescents et jeunes hommes. Dans la tribu de Sambia en Nouvelle-Guinée, on trouve dans les rituels et les rites de passage à l’âge adulte un acte de masturbation voire de fellation[3]. Pratiques culturelles modernesBien que semblant être encore un grand tabou à notre époque, des informations concernant la masturbation commune filtrent. Cette pratique semble être « relativement courante » dans les pays développés chez les adolescents, toutefois aucun sondage sérieux n’a été mené sur le sujet. Cette pratique est l’objet de légendes urbaines comme le jeu de la biscotte. Il semble que la plupart des actions ait lieu soit dans les milieux sportifs dans les vestiaires et sous les douches ou bien soit entre jeunes devant un contenu pornographique (exemple : films, revues, photos…). Ces pratiques semblent être avant tout une façon pour les adolescents de comparer leur pénis et de partager leurs techniques de masturbation. La masturbation est parfois l’objet d’une initiation en groupe[4]. Références
Études sur la masturbationSur la masturbation masculineLe rapport KinseyAux États-Unis et au Canada dans les années 1960, un sondage (le « rapport Kinsey ») a montré que, à 15 ans, la proportion de jeunes hommes s’étant masturbés était de 82,2 % et de femmes 24,9 %. À 18 ans, ce chiffre atteignait 95,4 % pour les hommes et 46,3 % pour les femmes. Cela dit, il est probable que, aujourd’hui, le nombre soit plus important. De très nombreuses études, notamment les sondages réalisés presque quotidiennement sur les sites Internet consacrés aux adolescents, montrent que les garçons commencent à se masturber très tôt, généralement sans pouvoir éjaculer ; l’âge médian de la première masturbation masculine est tout juste inférieur à 12 ans ; par ailleurs, ces mêmes observations, qui portent sur plusieurs dizaines de milliers d’adolescents la plupart du temps originaires d’Amérique du Nord, du Royaume-Uni et d’Australie, montrent que c’est à 13 et 14 ans que le rythme de masturbation des garçons est le plus élevé (entre 12 et 14 fois par semaine) ; ce rythme diminue pour la tranche d’âge 15-16 ans (en moyenne 9 fois) et diminue vraisemblablement après. Il est plus que vraisemblable que les résultats obtenus auprès des jeunes français, belges ou suisses seraient similaires à ceux obtenus auprès des anglo-saxons. La masturbation des jeunes est un phénomène universel que les études réalisées sous-estiment systématiquement, autant pour des raisons idéologiques (la « pureté » des enfants) que pour des raisons méthodologiques ; les enquêteurs s’adressent presque toujours aux adolescents par l’intermédiaire de leurs parents ou de leur école, un contexte qui ne favorise pas l’intimité des répondants et la véracité des réponses aux questions les plus sensibles. Dès que les jeunes s’expriment dans un cadre sécurisant, on obtient des taux de masturbation de presque 100 % des garçons ayant atteint leur quinzième année, taux qui correspond parfaitement à ce qu’ils peuvent observer autour d’eux, parmi leurs camarades. Étude menée dans un CÉGEP de MontréalLa fréquence des épisodes de masturbation dépend d’un individu à l’autre. Une étude faite dans le cadre d’un cours sur la sexualité humaine[réf. nécessaire] dans un CÉGEP de la région de Montréal en 2002 relate ce qui suit : (l’étude a été réalisée par un groupe de 12 étudiants masculins auprès d’environ 500 jeunes hommes âgés entre 18 et 25 ans dont 50 % fréquentaient le Cégep. La scolarité des 50 % restant, ainsi que le rang social du groupe n’ont pas été pris en compte dans cette étude) L’étude montrait que 94 % des hommes se masturbent avant 20 ans, avec une fréquence d’autant plus élevée qu’ils ont commencé jeune et que dans la plupart des cas cette pratique continue toute la vie, mais souvent réduite pour les hommes qui ont une activité sexuelle régulière avec un ou une partenaire. Au-delà de 40 ans, un certain nombre d’hommes délaissent cette pratique. Plus de 80 % des jeunes indiquent que la façon de se masturber a changé en vieillissant. Au début, ce n’était que pour un soulagement rapide qui durait souvent moins de 5 minutes. Les hommes de plus de 20 ans qui ont participé à l’étude mentionnent que, maintenant, leurs séances de masturbation peuvent souvent durer entre 30 et 60 minutes dans le but de faire durer le plaisir. 40 % reconnaissent aussi avoir pratiqué la masturbation à plusieurs. Autres étudesD’autres études[réf. nécessaire] rapportent qu’un homme en bonne santé âgé de 18 ans ressent le besoin d’avoir un orgasme environ 4 fois par semaine. Cette fréquence diminue progressivement avec l’âge, surtout après 40 ans. Pour les hommes de plus de 60 ans, elle est de moins d’un orgasme par semaine. Ce chiffre n’est qu’une moyenne : concrètement les variations individuelles sont importantes. L’étude collégiale démontre aussi que pour plus de 80 % des hommes de plus de 16 ans, le fait de ne pas pouvoir se masturber lorsqu’ils en ressentent le besoin engendre du stress et un comportement plus tendu. Plus de 50 % des répondants mentionnent qu’ils essaient de se masturber peu de temps avant certaines compétitions sportives, diminuant ainsi le stress. Un pourcentage sensiblement le même affirme le faire avant des présentations orales diminuant ainsi le stress, mais pour 33 % des cas ils le font afin de diminuer le risque d’avoir une érection spontanée et non voulue. De plus, environ 60 % des répondants mentionnent que, lorsqu’ils le peuvent, surtout après une abstinence de plus de 48 heures, ils essaient de le faire avant de rencontrer leur partenaire lorsqu’ils savent qu’ils n’auront pas de relations sexuelles. Cela les rend moins susceptibles d’avoir des érections non voulues. Près de 75 % affirment se masturber par pur plaisir, tandis que les autres le font de façon automatique dans le seul but d’avoir un orgasme et ainsi d’empêcher les érections spontanées. 65 % des répondants mentionnent que plus le temps entre chaque masturbation est long, au moins une journée, meilleur est l’orgasme obtenu. De plus, près de 90 % disent que le fait de prendre son temps lors d’une masturbation engendre une plus grande jouissance. Le fait d’être en érection pendant plus de 30 minutes tout en se caressant pendant ce temps-là augmente les sensations. 55 % des répondants qualifiaient leurs masturbations d’apprentissage et l’ont fait de façon à contrôler leur éjaculation le plus longtemps possible, soit, dans certains cas, pendant plus d’une heure. Le fait d’être au bord de l’éjaculation des dizaines de fois durant cette période crée un contrôle sur soi. La jouissance lors de l’éjaculation ainsi que la quantité de sperme obtenu lors d’une masturbation où l’excitation a duré de très longues minutes n’est presque pas comparable, d’après environ 75 % des répondants, avec une masturbation rapide de moins de 5 minutes. 85 % des répondants affirment sans aucune hésitation que les parties du corps répondant le plus à leur propre toucher ou à celui d’une ou d’un partenaire sont sans équivoque le pénis, les testicules et toute la région autour des parties génitales. Résultats de l'étude de sites internet spécialisésL’observation des réponses des adolescents de 12 à 17 ans aux questionnaires régulièrement soumis aux jeunes membres des sites Internet pour ados, dont certains forums traitent de la sexualité, fournit certainement l’image la plus juste de la vie sexuelle des garçons, et particulièrement de la masturbation. On y apprend ainsi que…
Sur la masturbation féminineL’enquête CSF sur la sexualité des français (Inserm, Ined, réalisée en 2006) montre que 60 % des femmes âgées de 18 à 69 ans ont déjà pratiqué la masturbation (48 % des 18-19 ans, 54 % des 20-24 ans, 66 % des 25-34 ans, 68 % des 35-39 ans, 64 % des 40-49 ans, 60 % des 50-59 ans, 43 % des 60-69 ans). Celles qui se masturbent régulièrement (c’est-à-dire « souvent » ou « parfois » au cours des 12 derniers mois selon la définition adoptées par les enquêteurs de CSF) ne sont plus que 10 % à 18-19 ans, 16 % des 20-24 ans, 22 % des 25-49 ans, 14 % des 50-69 ans, 10 % des 60-69 ans). Notons qu’il s’agit d’une pratique d’autant plus déclarée que la femme est diplômée. Ainsi, 29 % des femmes diplômée de l’enseignement supérieur sont des pratiquantes régulières mais seulement 14 % des femmes sans diplôme. De la même façon, 51 % de ces dernières disent ne s’être jamais masturbées alors que 80 % des plus diplômées l’on déjà fait. Un lien déjà signalé dans l’enquête américaine (NHSLS). Enfin, l’enquête CSF montre que si la pratique régulière de la masturbation concerne 43 % de celles qui ont connu au moins 10 partenaires, ce n’est plus le cas que de 11 % de celles qui n’en ont eu qu’un. Condamnation et répressionEn Europe, la masturbation fut longtemps considérée comme une perversion. L’étymologie : manus stupratio (souillure par la main) implique un jugement péjoratif. Aussi certains préfèrent aujourd’hui utiliser le terme autosexualité. Le terme onanisme a été créé par John Marten, un chirurgien, en 1710, d’après une interprétation du récit Biblique d’Onan. De ce fait, elle est déconseillée par l’Église catholique en tant que pratique sexuelle ne menant pas à la reproduction. L’Église déconseille, actuellement, la masturbation, même lorsqu’elle est pratiquée dans le but d’une reproduction dans le cadre d’une procréation médicalement assistée.
Simon-Auguste Tissot (1728-1797) publia un livre, Traité sur l’onanisme qui donne des remèdes pour vaincre les tentations qui eut un grand succès et soixante-trois éditions entre 1760 et 1905 : comme on peut le constater dans son ouvrage, il recommandait à l’époque la quinquina comme étant le meilleur remède contre les maladies causées par l’onanisme et le camphre comme anaphrodisiaque. Il donnait aussi une multitude d’autres conseils qui touchent le sommeil, comme prendre du vin avant de dormir, il recommande de ne pas rester trop longtemps au lit une fois réveillé et de faire de l’exercice, ainsi que d’utiliser la ceinture de chasteté, par contre il déplore les saignées. Quant aux médecins et philosophes, ils la condamnaient à partir du Siècle des lumières (à part certains cyniques qui se masturbaient en public), la comparant au narcissisme ou prétextant que des éjaculations trop fréquentes « asséchaient » le corps et lui faisaient perdre son énergie, ce qui aurait eu pour effet de rendre le sujet amorphe. On sait cependant aujourd’hui qu’il n’en est rien. Au reste, elle semble ne pas avoir été absolument condamnée par l’Église catholique quand elle s’inscrivait dans le cadre conjugal. Il est bien précisé dans L’Éducation de la Pureté du Docteur Albrand, publié en 1937 avec Nihil obstat et Imprimatur :
En France et au Québec certains disaient que la masturbation rendait sourd. Aux États-Unis, on disait qu’elle rendait aveugle. Dans certains pays européens on prétendait qu’elle fait pousser des poils sur les paumes. Aux États-Unis, au XIXe siècle, on a promu l’idée que la masturbation était dangereuse, mais que la circoncision permettait de la limiter. Certains prétendaient qu’elle la rend moins agréable ou alors plus difficile (voir à titre d’exemple Portnoy et son complexe de Philip Roth). C’était la raison initiale du développement massif de la circoncision des enfants aux États-Unis. En ce qui concerne les petites filles, on a parfois pratiqué l’excision du clitoris, ou du moins de son capuchon.
Woody Allen, quant à lui, explique que s’il fait bien l’amour, « c’est parce qu’il s’est longtemps entraîné tout seul ». Dans le film Annie Hall (1977), il dit aussi, dans une réplique à Diane Keaton : « Ne critiquez pas la masturbation, c’est faire l’amour avec quelqu’un que j’aime » (« Don’t knock masturbation, it’s sex with someone I love »). Les anti-masturbationCertaines compagnies agissent contre la masturbation chez les jeunes, des compagnies comme le Mirrab.[réf. nécessaire] Expressions dérivéesOn qualifie parfois de masturbation intellectuelle une activité de l’esprit qu’on ne considère pas comme féconde (le choix de ce terme découle donc de raisons évidentes) soit en réalisations, soit en idées nouvelles. Le terme possède actuellement une connotation péjorative qui doit sans doute plus à quelque mépris de l’activité intellectuelle non « rentable » (et qui tourne en quelque sorte à vide) qu’aux anciens interdits sexuels. À côté de cette expression désignant un travail intense mais inutile, une série d’expressions renvoient carrément à l’inaction et à la paresse : « être un branleur », « peigner la girafe », … Mais inversement, dans un langage extrêmement vulgaire, le verbe « branler » devient — à l’instar du verbe « foutre », qui désigne l’accouplement — un synonyme du verbe « faire » : « s’en foutre » / « s’en branler » ; « ne rien en avoir à faire / à foutre / à branler » ; « ne rien faire / foutre / branler », … Notes et références
AnnexesBibliographie
Articles connexesLiens externesMore about Masturbation: masturbation technique, teen masturbation, girl masturbation, mutual masturbation, public masturbation, male masturbation, masturbation tip, gay masturbation, masturbation video, |
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